Last Cow
Synopsis
Leiyan, le fils discret d’un chef massaï, revient de sa cérémonie d’initiation pour retrouver un village en crise : la plupart des hommes sont emprisonnés, leur bétail a disparu, et toute chance de survie repose sur une seule vache, Naserian. Senkai, un guerrier féroce, ami et mentor de Leiyan, reste à ses côtés alors que le désespoir grandit — d’abord avec la nouvelle qu’un lion a décimé le troupeau, puis avec un ordre gouvernemental d’expulser la communauté afin de vendre ses terres ancestrales à un cheikh de Dubaï, qui souhaite y implanter un éco-lodge de luxe. Lors d’une manifestation, une flèche transperce le cou de Naserian. Contre toute attente, elle survit, devenant un phénomène national. Avec la flèche toujours enfoncée dans son cou, la vache attire touristes, politiciens et prédicateurs qui y voient un signe divin. L’expulsion est annulée, mais à un prix lourd : le village est transformé en un site de conservation absurde. Alors que Senkai promet de se venger du lion, Leiyan doit lutter pour protéger à la fois Naserian et la dignité de sa communauté, avant que leur culture ne disparaisse complètement.
Kijiweni Productions (Tanzanie)
Amil Shivji
Gobez Media (Canada)
Tamara Mariam Dawit
Note du réalisateur
J’ai grandi parmi des révolutionnaires ; la politique m’a façonné bien avant que je ne maîtrise le langage pour y contribuer. Ma pratique s’enracine dans le Troisième Cinéma, une tradition décoloniale d’engagement politique, de collaboration communautaire et de méthodes formellement radicales conçues pour mobiliser le public. Last Cow poursuit mon exploration de la terre, de la justice et du pouvoir, en interrogeant la manière dont la conservation et le tourisme peuvent dissimuler des processus de dépossession. Mon cinéma repose sur des relations à long terme avec les communautés, la vie sur place et la co-création avec des acteurs non professionnels, afin d’assurer des voix authentiques et des interprétations nuancées. Sur le plan visuel et dans le ton, j’emploie la satire, la comédie noire et une esthétique radicale pour inciter le public à une réflexion critique tout en laissant place à la tendresse et à la résilience. Last Cow est à la fois une continuité de ma démarche artistique et un engagement politique, affirmant le cinéma comme une force révolutionnaire.
Biographies

Amil Shivji est un réalisateur tanzanien et fondateur de Kijiweni Productions, la société derrière les films les plus acclamés du pays. Son long métrage Vuta N’Kuvute (2021) a été présenté en première mondiale au Festival international du film de Toronto, a remporté des prix au FESPACO, au Festival international du film de Seattle, au Festival du film de Carthage, et a été la deuxième candidature de la Tanzanie aux Oscars. Sa production la plus récente, The Empty Grave (2024), a été projetée en avant-première au Festival international du film de Berlin et largement diffusée à travers l’Allemagne. Ses films primés ont été projetés sur plus de 300 écrans à travers le monde, affirmant sa place comme une voix majeure du cinéma africain.

Tamara Mariam Dawit est une réalisatrice éthiopienne-canadienne, ancienne élève des Berlinale Talents et d’EAVE. À travers sa société Gobez Media, elle a produit Girls of Latitude (MTV), Grandma Knows Best (Bravo), Finding Sally (Göteborg, Hot Docs), Alazar (Semaine de la Critique de Cannes, TIFF) et Made in Ethiopia (Tribeca, Sheffield DocFest). Elle a été boursière au TIFF Producer Fellow (2021) et récipiendaire du Doc Institute Vanguard Award ainsi que du Gordon Parks Award. Dawit est également boursière des Chalmers Arts Fellow (2023) et MacDowell Fellow (2024).
Hubert Bals Fund, Rosa Luxemburg Stiftung, Open Society Foundation, Miles Morland Foundation, Africa Institute












